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Les Elfes La legende d' Arthur Legende Sioux Initiation préhistorique Legende de Yule Les trois royaumes Izanagi et Izanami Le Deluge Les Vierges Noires Salamandre Boudicca La Création

Auteur: Evenlyo, membre du cercle WHW

 

Introduction

Au cours des siècles, le féminin sacré était présent dans plusieurs religions qui ont existées, mais avec l’arrivée du christianisme, et des religions monothéistes, le féminin sacré, la déesse, est mis sous silence. Par contre, certaines sculptures et peintures nous montre l’existence d’une possible survivance des anciennes déesses sous la forme des Vierges Noires. Je vous invite avec moi à se promener dans ces sentiers divers qui permettront d’identifier leur origine, les légendes qui s’y rattachent ainsi que leur signification aujourd’hui.


Les Origines

Tout d’abord, les Vierges Noires, certaines d’entre elles, ont été les plus vénérées du christianisme européen. Ces Vierges sont particulières car elles se retrouvent en Europe. C’est pour cette raison qu’il y a ce questionnement sur leur couleur et sur leur signification. Selon certain, comme Pierre Gordon, leur couleur proviendrait des Mères que nous retrouvons dans le paganisme et qui possèdent le plus de pouvoir. Ce sont aussi ces déesses qui siégeaient et s’occupaient du monde initiatique, de l’obscurité. C’est de là que leur couleur noire proviendrait. Les Vierges Noires vont donc héritées de cette symbolique et cette caractéristique pourrait justifier le fait que nous retrouvons souvent ces Vierges dans des grottes. Les anciennes grottes initiatiques païennes sont devenues dès lors la crypte des églises. Ces anciennes déesses, qui veillaient sur une eau sacré et magique, furent donc canonisées comme sainte par l’église.

Marcel Letellier nous rapporte la légende de la découverte de la Vierge noire de Manosque:

« Un jour, vers l'an 973, un paysan labourait un terrain vague lorsque ses boeufs s'arrêtèrent et, quoiqu'il fit pour les animer, s'immobilisèrent complètement. L'homme crut qu'ils étaient incommodés par la présence d'un romigier (un roncier). Il y mit le feu. Quand le romigier fut détruit, le laboureur recommença à tracer son sillon. Les boeufs pénétrèrent au milieu des cendres, puis s'arrêtèrent de nouveau, mais cette fois, ils se mirent à genoux, le museau contre terre. Cet homme était un païen, il crut à quelque maléfice, prit peur et appela au secours. Les voisins, accourus, décidèrent de creuser à l'endroit où les boeufs s'étaient arrêtés. Ils trouvèrent un sarcophage. Après avoir appelé un prêtre, ils l'ouvrirent et découvrirent la belle statue tout enveloppée d'étoffes précieuses tissées de fils d'or. Depuis ce jour on ne dit plus que Notre-Dame du Romigier. »

Donc, les Vierges Noires seraient la survivance des anciennes déesses sous une nouvelle forme et elles gardent aussi le même rôle qu’on leur avait attribué autrefois. Selon Pierre Gordon, ces Vierges perpétuent la notion de ce monde divin de ténèbre où la pensée s’exhaussait jusqu’à un niveau spirituel supérieur :

«Une transformation profonde de l’âme, un don de soi, est indispensable pour que s’entr’ouve la porte de d’immortalité […] C’est ce bien fait spirituel que l’on demande partout, plus ou moins expressément, aux Mères et aux Vierges de teinte brune.»
GORDON, Pierre, Essais les Vierges Noires Mélusine l’origine et le sens des contes de fées, ARMA ARTIS, pp. 1-14


Par contre, l’identité théologique de la Vierge Noire n’est pas encore élucidée par l’église catholique romaine. La vénération des Vierges Noires en France et en Europe reste encore un mystère au plan théologique. La présence de ces Vierges se retrouvent dans plusieurs villes européennes et ont les retrouvent sous divers noms : Notre-Dame la Noire, Notre-Dame la Brune, la Vierge Glorieuse, la Vierge Égyptienne, la Vierge au pilier, Notre-Dame-de-Sous-Terre, Mère de Dieu, etc.

Il existe certaines preuves que ces Vierges furent très populaires, comme la construction de plusieurs églises comme Notre-Dame du Puy. De plus, selon Jacques de Basher et Sophie Cassagnes-Brouquet, La Vierge, surtout quand celle-ci était noire, a tenu une place très importante dans la spiritualité chrétienne du Moyen Age. Cette Vierge Noire va devenir la Protectrice des Chevaliers du Temple et elle figurait souvent sur les bannières des hommes de guerre pour qu’elle apporter protection. Dans Le mystère des cathédrales, de Fulcanelli, il est mentionné que ces nouvelles grandes cathédrales gothiques étaient les temples de cette nouvelle déesse. Il y a aussi certains faits historiques qui viennent appuyer la popularité de ces Vierges.

Au treizième siècle, nous pouvons dénombrés pas moins de quatre-vingt cathédrales qui seront élevées à Notre-Dame et plus de cinq cent églises, entre 1170 et 1270, seront élevées en son honneur et à sa gloire. La plupart des ces édifices seront construits sur d’anciens sites qui étaient consacrés à la Madone par la seule présence de sa statue. Celle-ci était le plus souvent noire et elle datait généralement avant l’ère préchrétienne. Ces statues étaient délibérément taillées dans des pierres noires et de l’ébène. Malgré cette optique chrétienne, il n’en demeure pas moins que nous pouvons faire un lien direct avec les anciennes déesses qui étaient associées à des cultes païens en l’honneur des divinités féminines. Nous pouvons aussi nous demander si le culte fait à la Vierge Marie, et aux Vierges Noires, aurait eu un si grand succès si celui-ci n’était pas associé aux différents cultes féminins venus du plus profond de l’histoire religieuse des hommes?



Les Légendes

Deuxièmement, plusieurs légendes se rattachent aux Vierges Noires, dont celle de Sara la Noire, Sara la reine autochtone et Sara l’Égyptienne. Sara la Noire, celle que les Gitans vénèrent, serait la servante de Marie-Jacobé et Marie-Salomé qui auraient quitté la Palestine suite à la mort de Jésus. Lorsque la persécution des chrétiens commença, plus précisément après la mort de Jacques le Majeur, Lazare, Marthe, Maximin, Marcelle, Marie-Madeleine, Marie-Jacobé, Marie-Salomé, Sidoine, Parmenas, Joseph d’Arimathie et quelques autres furent escortés au port de Joppé, l’actuel Jaffa, pour y être embarqués et amenés sur de lointains rivages d’où ils ne pourraient revenir. Selon la légende, la tradition provençale, ce bateau n’aurait pas eu de voile ni de rame pour s’assurer que ces personnes ne reviennent pas. Ces personnes auraient arrivées à l’embouchure du Rhône d’où s’élevait l’oppidium de Râ, divinité égyptienne et père des dieux. Marie-Jacobé et Marie-Salomé se seraient dirigées vers la colonie Israélite de la diaspora où elles reçurent hospitalisation. Selon la légende chrétienne, Sara est présentée comme l’humble servante qui pleure le départ de ses maîtresses Marie-Jacobé et Marie-Salomé. Sara est révoltée et elle veut partager le sort de ces condamnés quoiqu’il en soit. C’est alors que Marie-Salomé lui jette son manteau sur lequel Sara va marcher et elle va ainsi pouvoir traverser les flots et venir prendre place auprès de ses amies. Pour les Gitans, c’est Sara, dit Sainte-Sara, qui leur a permis de trouver une terre sûr et sécuritaire. C’est pour cette raison que les Gitans la vénèrent et qu’elle occupe une place importante pour eux.

Par contre, dans la tradition camarguaise, nous retrouvons un tout autre récit concernant Sara. Selon cette version, Sara n’est pas la servante de Marie-Jacobé et Marie-Salomé et n’aurait pas fait partie du voyage. Sara serait issue de sang noble, elle serait alors une reine autochtone de sa tribu. Selon cette tradition, cette population serait nomade, mais avait en Camargue son port d’attache. On y aurait trouvé un temple et Sara aurait peut-être été l’une de ces prêtresses du temple. À l’arrivée des deux Maries, Sara les accueillit et Sara se convertira à leur prédication. Sara reçu alors le baptême et sa tribu se convertira à cette nouvelle religion émergeante.

Selon d’autres traditions, Sara la Noire serait Sara l’Égyptienne, une abbesse d’un grand couvent de Lybie et elle fêtée par l’Église le 13 juillet. On identifie Sara la Noire à une Sara qui aurait fait partie d’un groupe de martyr persan avec deux Maries et une Marthe. Les reliques seraient parvenues jusqu’en Gaule et c’est là que la légende commença.

Selon une version un peu plus récente, 1956, Franz de Ville propose une nouvelle façon d’expliquer la vénération et l’origine de Sara. Cette version, selon moi, fait partie des légendes qui entourent Sara la Noire. Dans cette version, Sara, nommé aussi Sara la Kali (la Noire), a reçu la première révélation et elle va guider son peuple vers les rives du Rhône. Selon cette version, ce peuple pratiquait un rituel, une fois par an, qui consistait à porter la statue d’Ishtar à la mer et ainsi tout le peuple peut alors recevoir la bénédiction de cette divinité. Un jour, Sara eut une vision que les saintes présentent à la mort de Jésus allaient arriver et qu’elle devrait les accueillir et les aider. C’est ce qu’elle fut et elle aida ainsi les deux saintes à prendre pied à terre.

«One of our people who received the first revelation was Sara the kali. She was of noble birth and was chief of her tribe on the banks of the Rhône. She knew the secrets that had been transmitted to her... The Roma at that period practised idolatry, and once a year they took out on their shoulders the statue of Ishtari [Astarte!] and went into the sea to receive benediction there. One day Sara had visions which informed her that the saints who had been present at the death of Jesus would come, and that she must help them. Sara saw them arrive in a boat. The sea was rough, and the boat threatened to sink. Sara threw her dress on the waves and, using it as a raft, she floated towards the saints and helped them reach land».
(Franz de Ville, "Tziganes", Bruxelles, 1956).


Pour conclure cette deuxième partie, personne ne sait qui est véritablement Sainte Sara et comment son culte va se juxtaposer aux Saintes Maries de la Mer. Ce que nous savons par contre, c’est que la dévotion à Sara commença dans cette église plusieurs années avant que les Gitans fassent de Sara leur sainte. Bien que cette Sara regorge de légendes, il n’en demeure pas moins que la Provence avait des communautés chrétiennes avant la fin du premier siècle et nous savons que les premiers chrétiens, pour affirmer leur authenticité, essayaient de se rallier à un saint qui avait connu Jésus et qui serait leur fondateur.



Aujourd’hui

Les Vierges Noires font encore partie de notre actualité. On n’en parle pas à chaque jour, mais elle fait partie de notre histoire et continue à être l’objet de plusieurs légendes modernes et de thèses. Ces Vierges font encore couler beaucoup d’encre, mais leur mystère semble toujours rester. Aujourd’hui encore, certaines spécialistes tentent d’expliquer la signification de ces Vierges par des moyens différents. Par exemple, certains vont l’expliquer comme un phénomène purement culturelle ou scientifique sans y inclure la symbolique que l’on peut retrouver chez ces Vierges. Par exemple, pour Moss, les Vierges Noires s’expliquent par trois grandes catégories, trois raisons qui expliquent les Vierges Noires. Premièrement, les Vierges Noires sont de cette couleur car elle représente les populations indigènes. Cette première catégorie explique donc les Vierges Noires que nous retrouvons en Afrique, mais celles que nous retrouvons en Europe n’entreraient pas dans cette catégorie. Deuxièmement, selon lui, ces Vierges auraient cette couleur à cause de différents facteurs physiques. Par exemple, les Vierges Noires que nous retrouvons en Europe ont été fait sur de l’ébène ou sur des matériaux qui sont de couleur foncée. Alors pour lui, cette matière première aurait été couvert de la peinture qui aurait disparue au fil du temps et les pigments ne serait plus visible aujourd’hui. Cette couleur noire pourrait aussi s’expliquer par la fumée qui venait des chandelles. Selon Moss, cette couleur pourrait aussi bien s’expliquer par le fait que la saleté s’est accumulée au fil des siècles et c’est cette accumulation qui donnerait cette teinte à ces Vierges. Finalement, sa dernière explication serait celle-ci : residual category with no ready explanation.

Pour certains croyants, l’explication de ces Vierges Noires se trouvent dans la Bible elle-même, dans l’Ancien Testament, dans la Cantique des cantiques : Negra sum sed formosa (Je suis noire mais belle). Ces Vierges Noires, selon cette explication, serait en fin de compte Marie. Les personnes, qui prônent cette explication, prendront pour exemple les Vierges que nous retrouvons en France et qui date de l’époque des croisades.

Encore aujourd’hui, l’explication des Vierges Noires par la descendante des anciennes déesses est encore très présente. Cette explication se retrouve chez certains auteurs comme Stephen Benko, universitaire de l’université d’Indiana, qui disent que ces Vierges Noires seraient les anciennes déesses qui serait converties au christianisme : ‘’the Black Madonna is the ancient earth-goddes converted to Christianity.’’ Benko fonde son argumentation sur la représentation «noire» de plusieurs déesses comme Artémis d’Ephesus, Isis, Cérès et Déméter. Donc, ces Vierges Noires représenteraient l’ancien culte porté à ces déesses. De plus, certaines de ces représentations dateraient avant l’époque chrétienne, donc ne serait pas chrétienne. Chose certaine, le thème de la mère divine et de l’enfant-dieu est présent bien avant l’époque chrétienne.

Une autre explication est apportée par Chiavola Birnbaum. Selon lui, les Madones Noires représentent, expriment, le pouvoir au féminin qui n’est pas celui de Marie à la peau pâle, qui symbolise plutôt les qualités comme l’abstinence et la pureté. Monsieur Birnbaum parlera de ce pouvoir au féminin en utilisant des termes utilisés par Jung. Le pouvoir au féminin se rapprochait plutôt de Marie Madeleine. D’ailleurs, en France, il y a plusieurs traditions qui prétendent qu’il y a de nombreuses statues de Marie Madeleine et non de Marie mère de Jésus. Par contre, ces traditions sont souvent mises sous silence, ou on n’y fait pas attention, car cette idée est rejetée par les théologiens. Cette explication de Birnbaum s’appuie sur le fait que ces Madones Noires qui représentent le pouvoir au féminin serait en lien avec les déesses de la terre et on leur attribuait alors les archétypes de la grande mère. Ces Mères qui président à la fertilité, mais aussi à la vie et à la mort. Selon Chiavola Birnbaum, ces idées vont se croisées et se chevauchées avec la spiritualité des femmes.

Encore aujourd’hui, ces Vierges renferment un secret qui ne serait peut-être jamais dévoilé, mais ce qui est plausible c’est que ces Vierges sont, encore aujourd’hui, une façon de trouver un modèle féminin du sacré. Ces Vierges Noires, ou comme Marie, sont parfois traitées comme des déesses, mais les théologiens rejettent cette idée. Je crois qu’il serait possible de dire que pour la religion populaire, la religion du peuple, ces Vierges permettent de s’acquérir une puissance divine. Ces Vierges permettent au peuple de participer à son divin sans l’intermédiaire d’un fonctionnaire de Dieu. Donc, les Vierges Noires sont encore présentes et ont leur utilité.